Réflexions sur le coaching, la créativité, et le travail jungien à partir des images.
Que dirais-je à un psychothérapeute ?
Un ami m’a appelé récemment, le genre d’appel qui arrive sans prévenir et qui porte un vrai poids. Il avait besoin de parler, alors nous avons parlé, longtemps, d’une chose qui le tourmentait depuis des années maintenant, une de ces difficultés récurrentes qui ne se résout jamais tout à fait, qui ressurgit à différents moments de la vie avec la même insistance et le même malaise. Je l’ai écouté, comme on le fait avec un ami, même si j’avais conscience, tout au long de notre échange, que le fait d’être psychanalyste en formation donnait à cette conversation une dimension plus complexe qu’un simple échange entre deux personnes qui se connaissent bien.
À un moment donné, je lui ai demandé, doucement, s’il avait déjà envisagé de parler avec un psychologue ou un psychothérapeute de ce qu’il décrivait. La question me semblait naturelle, presque évidente, compte tenu de la profondeur et de la persistance de ce qu’il partageait. Sa réponse m’a arrêté.
« Que dirais-je à un psychothérapeute ? Je n’ai rien à dire. »
Quand la question elle-même est le problème : réflexions sur les décisions binaires
Assez régulièrement, quelqu’un frappe à ma porte déjà convaincu de la forme que prend sa difficulté, parce qu’il l’a formulée comme un choix binaire net, une bifurcation avec exactement deux branches, et ce qu’il attend de moi c’est de l’aide pour choisir la bonne. Rester ou partir, Paris ou Londres, ce poste ou cet autre, cette relation ou sa fin. Au moment où cette personne me rejoint, elle a généralement investi une réflexion considérable, elle a pesé les deux options en silence pendant des semaines ou des mois, et elle arrive convaincue que la seule tâche restante est de déterminer laquelle des deux voies est la vraie.
Pourquoi le travail en petit groupe est plus nécessaire que jamais
Je reviens tout juste de l’abbaye de Belloc, située dans le cadre pittoresque du Pays basque, où l’Espace Jungien Francophone a organisé son premier colloque consacré à l’intelligence artificielle et à la psychologie des profondeurs. J’ai eu l’honneur d’y animer un atelier expérientiel, et ce travail a confirmé une fois de plus une conviction devenue centrale dans ma pratique : nous avons besoin de davantage de travail en groupe aujourd’hui, non parce que les groupes seraient simples ou naturellement harmonieux, mais parce que l’espace collectif qui nous entoure est devenu si inflammé que nous avons besoin de lieux plus restreints où il reste possible de parler, d’écouter et de demeurer en relation.
Le pouvoir du non : là où votre vie commence à changer
Elle est arrivée avec une longue liste, le genre de liste dont on sent déjà le poids avant même qu’elle ne soit dite, une liste de choses qui n’allaient pas dans sa vie, au travail, dans ses relations, dans ses finances, dans les recoins silencieux de ses journées, et chacun des éléments de cette liste aurait pu à lui seul justifier un accompagnement entier, chacun était important, complexe, demandait de l’attention, du temps, du soin, et pourtant, à mesure que nous avons commencé à regarder de plus près, à ralentir suffisamment pour voir plutôt que réagir, un motif est apparu avec une clarté presque déstabilisante dans sa simplicité : toutes ces difficultés, malgré leurs formes et leurs contextes différents, s’organisaient autour d’une même ligne de faille, une même difficulté qui traversait tout, l’impossibilité presque totale pour elle de dire non.
Réorientation de carrière à mi-vie par l’analyse d’images
Un homme d’une cinquantaine d’années m’a contacté après plus de vingt ans dans le conseil. De l’extérieur, sa carrière semblait stable et réussie. Il avait progressé régulièrement. Davantage de responsabilités, une solide réputation au sein du cabinet, des équipes qui le respectaient et un revenu confortable. Rien de spectaculaire ne s’était produit. Pas de crise, pas de burn-out. Pourtant, quelque chose avait changé. Lors de notre premier échange, il m’a dit :
« Je suis bon dans mon travail. Je sais comment faire. Mais je me sens étrangement absent. »
Comment résister en temps de chaos : leçons de Tolkien sur la vérité, la bonté et le courage du quotidien
Il y a des périodes où tout semble se déformer. Les conversations deviennent agressives, les gens cessent de s’écouter, et il devient difficile de distinguer ce qui est vrai de ce qui est simplement répété avec conviction. On sent que quelque chose ne va pas, sans toujours pouvoir le nommer. Ce qui paraissait stable commence à glisser.